— Pourquoi cherches-tu autant à te détruire?
— C'est di..diffici.le de vi..vivre pour moi.
— Tien! et pourquoi ce serait plus difficile pour toi que pour les autres?
— Tu as re..remarq..qué mon dé..fff..défaut d'é..dé..délo..cu..cution?
— Tu veux parler de ton bégaiement? Ce n'est pas gênant. Ça te donne un genre plutôt mignon.
Elle a prononcé le mot fatidique. Ce mot taché de sang, taché de sens, ce mot tabou dont la rime est « anéantissement ». Il stigmatise mes phrases et démembre le groupe nominal. Il exprime la réalité d'une grammaire de l'échec ou le complément n’a pas d’objet, l'adjectif n'est plus qualifié et le verbe être sans sujet.
Personne ne doit le proférer devant moi il est réservé aux rires sous cape aux blagues entre copains qui fustigent la différence.
Bégaiement éructé par autrui, c'est une ordure projetée en pleine face.
Jamais je n'accepterai son dictat.


