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Henny :
Bonjour Yan-Eric. J'ai lu ton roman avec beaucoup
d'intérêt et d'émotion. L’histoire est
très prenante.
Yan-Eric : Ce roman est une histoire
de bègue basé sur ma propre expérience. J'y ai mis
ce que j'avais de plus intime afin que les phrases racontent aux
autres une différence ordinaire.
— J'ai une
question qui me poursuit quant au style du roman. As-tu
consciemment choisi cette écriture très
élaborée, volubile et littéraire qui donne le
sentiment d’un langage maîtrisé au risque de
décaler l’image de ton
personnage ?
— Les mots et les idées y sont
décalés, car la vie d’une personne bègue
l’est encore plus. Il a un côté triste dominé
par un être qui l’asservit au bégaiement et de
l’autre une volonté d’exister qui peine à
s’exprimer. Entre les deux, il erre essayant de trouver un
équilibre.
— C'est
surtout le cheminement intérieur du personnage qui m'a plu. Il
vit une grande souffrance qui le traumatise et le replie sur
lui-même. Pourtant, il finit par arrêter de pleurer sur
son propre sort et relève la tête. Il découvre que
la pitié n'est plus une solution pour lui et qu'il faut y
aller : comme quelqu’un d’autre disait :
« il faut aller vers sa peur pour la
vaincre ».
— La pitié ne mène nulle part. Il
arrive un moment dans sa vie de bègue ou l’on est
obligé de sortir de sa coquille pour affronter les autres.
C’est le passage du cauchemar au rêve, du désarroi
au plaisir de vivre. Mon écriture est l’expression de
cetteévolution.
— La personne
bègue a une tâche doublement difficile, puisqu'à
côté des problèmes de tout le monde, elle est
confrontée à un mur, une porte dans sa gorge et dans son
corps. Un enfermement.
— Cet enfermement le contraint à penser
bègue et l’empêche de s’assumer tel
qu’il est. Cependant, il n’est pas suffisant pour
expliquer la solitude de toute une vie. Le bégaiement est plus
qu’une porte au fond de la gorge, c’est une prison qui
afflige la personne entière.
— C’est
cette prison qui t'empêche de prendre de la distance ou de
relativiser les choses de la vie ?
— Relativiser est difficile quand on a un
bouc émissaire à porté de main. J'ai toujours pris
la vie comme un drame. Tous mes actes étaient empreints d'une
grande importance, comme si mes gestes ou paroles pouvaient
conduire à la mort. Chaque action devait être pensée
et analysée pour être absolument parfaite. Une parole
dite ne pouvait être remaniée.
— Tu es à
la recherche de la perfection comme seul moyen de t’affirmer
et d’êtrecela veut dire que
tu ne t'es pas encore libéré mentalement de l'image de la
personne bègue, même si, dans la vie courante tu
t’exprimes très bien.
— La perfection est le moteur de ma parole.
Je ne suis pas un ancien bègue, je suis toujours bègue.
En public, j’accepte de parler de moi comme d’un
bègue, mais à condition de ne pas en faire la
démonstration. Je suis un être déchiré. Cette
déchirure vient du décalage entre deux images ;
celle intérieure, positive et complaisante que j’ai de
moi et l’autre destructrice, que renvoie mon bégaiement.
Plus le décalage est prononcé plus ma souffrance est
grande.
— Pour moins
souffrir de ce décalage, il faut oser se dire faible à
certains moments pour y puiser une force. Dans un sens, on doit
avoir un regard d'amour sur soi, car ne pas s'aimer équivaut
à s’autodétruire. Mais s'aimer ne veut pas dire que
l’on se trouve formidable à tous les égards. On
peut s'aimer dans la faiblesse en acceptant ses
limites.
— Le bégaiement n’a pas de
compassion, il ne comprend pas la faiblesse et ne laisse nulle part
l’amour entrer en ligne de compte. Ce n'est pas ami
charitable, il accapare la personne et ne la rends à
elle-même que par le silence.
— Pourtant, le
regard d’autrui peut être libérateur du silence. Si
autrui te renvoie une image positive, elle ne disparaîtra pas
avec un accroc de langage. Tu pourrais aussi te faire confiance.
Dans « Quint Livre », Pantagruel discute avec
des professionnels sur le langage. On lui dit : « Tu
parles si bien, vends- moi ta parole », à quoi
Pantagruel répond : « Vendre parole, est
affaire d'avocat ». On lui
dit : « Donne- moi ta parole ».
Pantagruel répond : « Donner parole est acte
d'amour ». Ce qui compte est
ceci : « Parle- moi de toi et je te
parlerai de moi. Tout le reste est parole en l'air, parole
figée ! ». Ce qui témoigne de
l’échange et de la communication dans une
simplicité authentique
— Pantagruel peut bien dire ce qu’il
veut, cela ne change rien à mon problème. Je hais mes
bégayages de bègue, emprunts d'efforts et de mutilations,
dis-moi où se trouve la simplicité dans cette
souffrance.
— La
simplicité c’est oser se faire confiance : oser
dire. La recherche de la simplicité est aussi la recherche des
choses de la vie : c'est la route qui te mène vers
l'essence de toi- même. C'est accepter que les
différences se vivent au quotidien dans toutes les
situations.
— Ma différence c’est que je ne
parviens pas à communiquer, ni au quotidien ni dans aucune
situation. Drôle de simplicité. Quand survient
l’accident de parole, alors mes yeux se baissent, ma bouche
se crispe et je perds la notion de l'instant, pour me concentrer
sur moi. J'oublie où je suis, qui j'ai en face, pour forcer
mon mot. Lorsque je me relève, je dois reconquérir cet
instant brisé, cette absence. C’est ma honte : ne
pas être maître de moi dans un acte de simple relation
d’échange.
— Tu
n’as pas à avoir honte de toi, le fait que ton regard
quitte l'autre, et que ton attention se concentre sur toi-
même au moment d'un bégayage, est simplement dû
à un aspect purement physiologique. Il s’agit d’un
impact neuronal trop grand, un court circuit momentané que les
personnes fluentes connaissent, avec les lapsus et autres fautes de
langage, sans y prêter attention.
— Ce court circuit affecte gravement ma
perception de l’instant. Dans les blocages importants,
lorsque je réintègre la conversation, je ne me souviens
de rien et c'est ce sentiment qui me met mal à l'aise, qui me
donne honte « Que met- il arrivé pendant ce
laps de temps », c'est la question qui me
déstabilise.
— Je pense
qu'il est normal que tu ne te souviennes plus de rien, c'est le
résultat de la décharge. Je n'utilise pas le mot
« court-circuit » comme une image ; je
pense vraiment que sous son effet, ton système nerveux est mis
sous haute tension et les centres supérieurs ne peuvent plus
réguler les stimuli sous- corticaux trop forts. Cela se
traduit par une incoordination des mouvements de la
parole.
— C'est une approche nouvelle pour moi. Cela
explique les absences de souvenir dans ces moments
là.
— Le stress,
petit ou grand, augmente la stimulation des centres sous- corticaux
qui jouent un rôle dans l'élaboration des mouvements de
la parole. À un certain moment, le stress, ou stress
répétés, stimulent ces centres juste un peu trop
fort pour que les centres corticaux puissent réguler la
stimulation entièrement. Plus les stimulations seront grandes,
plus grands seront les effets sur le langage. Cet enchaînement
peut provoquer, temporairement, le bégaiement, ou dans les cas
plus graves les tics de « Gilles de la
Tourette ».
— J’ai du mal à imaginer que
l’origine de mon bégaiement soit neurologique. Quand je
bégaie, il n’y a pas toujours une source
émotionnelle, du moins détectable de façon
consciente. Tu me dis que je suis manipulé par des
décharges qui neutralisent mon système régulateur.
Je n’ai pas le sentiment d’être neutralisé,
mais envoyé sur une autre voie, qui s’est gravée
par acquisition, dans mon cerveau.
— Je ne pense
pas que tu sois « manipulé » par des
décharges neuronales, mais tu as raison de dire que tu te sens
envoyé sur une autre voie que tu as créée
toi-même. C'est pour cela qu’il est tellement difficile
de « détricoter », d'effacer ces voies
neuronales quand elles sont élaborées, puisque c'est
devenu ta façon de fonctionner, même si tu ne te sens pas
angoissé ou stressé. On appelle cela « le feed
forward ».Nous fonctionnons
tous sur l’acquit que nous avons élaboré en
échange avec notre environnement. Cela explique également
que telle situation provoque telle réaction. Dans un sens nos
habitudes sont apprises.
— Alors, il n’y a aucun espoir de
changer les choses, je suis tel que je serai toujours puisque mes
hormones en ont décidé ainsi.
— Non pas du
tout, nous ne sommes pas prisonniers de nos habitudes ni
prédéterminés. Nous avons chacun la possibilité
de changer, d’évoluer. C’est ça notre
liberté fondamentale. Sais-tu que le travail cognitif est
très bénéfique chez les adultes ? Ce travail
doit soutenir et renforcer la confiance en soi, par
l’application de techniques de langage.
— Travail
cognitif ?
— C’est
d’abord faire prendre conscience à la personne
bègue, de ce qu'elle fait, dit et ressent en situation de
communication. L’échange est enrichissant, car
c’est le regard de l’autre qui lui donne de la distance
sur sa propre perception. Parfois une question, une remarque
éclaire la réalité sous un autre jour, et permet
d’objectiver la peur, les angoisses. Comme je l’ai
déjà dit, le regard de l'autre peut être
libérateur.
— Alors, l'expérience aussi est un
travail cognitif. Les enseignements que l'on reçoit de la mise
en situation apportent beaucoup de richesse à celui qui la
vit.
— Surtout si
ce sont des réussites. L'expérience positive est toujours
interprétée comme une empreinte cognitive, car elle fait
partie des constituants de la personne. Pour les expériences
négatives, le problème est plus complexe. On peut
fermer les yeux, et se dire que « ce n'est
rien », et la nier. Ou bien, elle est tellement forte
qu'elle nous marque « à vie », ou
« pour longtemps ». Certains disent que le
bégaiement est une expérience négative, qui a
laissé des marques indélébiles, qui poussent la
personne bègue à répéter cette
expérience.
— C’est la succession de ces
expériences négatives qui conduisent à la
déchéance de nos relations. Connais-tu beaucoup de
personnes qui doivent impérativement, tous les jours, souffrir
de honte et d’humiliation chaque fois qu’elles
cherchent à communiquer, à
exister ?
— Il me semble
que la peur joue un rôle énorme dans la construction de
ton bégaiement : peur que l'édifice en
équilibre ne s'écroule, peur que le bonheur
s'évanouisse dans la douleur, peur d’exister sans le
bégaiement, d’être
égoïste.
— La peur est au centre de moi. Une peur
irrationnelle. J’ai peur des autres et du manque
d’amour. Je n’ai de cesse dans mes rapports avec
autrui, de vouloir me faire aimer par n’importe quel moyen,
quitte à renier temporairement mes idées. Je refuse de
prononcer des paroles blessantes, d’avoir un comportement qui
pourrait choquer. Je suis consensuel, on dit de moi que je suis
diplomate. Mais ma diplomatieest
le fruit de mes terreurs.
— Est-il
finalement possible que le bégaiement devienne ta meilleure
arme contre une peur tentaculaire et
insaisissable ?
— Cette peur est mon esprit bègue, elle
est excessive et me pourchasse. Elle fait partie d'un fantasme
créateur d'angoisse. C'est cette peur disproportionnée
qui me cloître dans ma destruction. Elle me met
« hors jeu », hors
communication.
— Pourrais-tu
transformer l'expérience négative en expérience
positive, par la confiance en toi, par « le
jeu » par le plaisir ?
— Le bégaiement est une expérience
négative qui se répète éternellement.
Mais le bégaiement n'est pas un enfermement absolu. Cette
expérience traumatisante sert aussi de base à la
construction de l'individu. Le bègue en est prisonnier tant
qu'il ne réagit pas, tant qu'il se laisse dominer par elle.
Puis s'il en a le courage, il peut la transcender pour la
dépasser.
— Au fond, il
faut inverser la spirale négative pour en faire une spirale
positive.
— Ce cercle vertueux est en route. Il a pris
corps lorsque j’ai décidé de stopper le processus
de la culpabilité. En prenant conscience de ma personne
bègue, la plus grande partie du chemin était faite.
Combien il a été difficile de me reconnaître en
elle ! Cette prise de conscience m’a permis de dissiper
l’angoisse et d’accepter de vivre avec ce trouble.
Aujourd’hui je suis une personne dont une des
caractéristiques mineures est d’être
bègue.
— La confiance
en soi et le travail sur soi-même peuvent apporter un regard
plus distant vis- à- vis du stress, de l'angoisse
et du jugement d'autrui. Pourrais-tu te dire que communiquer puisse
être un jeu ?
— Il manque à la personne bègue
cette notion de jeu qui lui permettrait de sourire aux situations
angoissantes. C’est comme si l’on avançait un pion
sur l'échiquier en gardant la main pour conserver le pouvoir
de revenir sur sa décision. Même si je le place au
mauvais endroit, qu'il tombe au joug de l'adversaire, ce n'est
qu'un pion et sa perte n'entraîne pas la mienne. Combien
d'années m'a-t-il fallu pour comprendre cela ? Une parole
dite, peut être contredite l'instant d'après, pourvu
qu’on le fasse avec les formes et le sourire « heu
pardon, je me suis trompé, ce que je voulais dire c'est
plutôt.... ceci, cela… ». Le droit de se
tromper c'est devenir simplement un être humain, faillible.
Comprendre le jeu, m'a permis de comprendre ce que je pouvais
devenir.
— Le jeu est
un élément qui se travaille à plusieurs. Je connais
des personnes bègues qui font partie d'un groupe
d’improvisation, et ils s'amusent beaucoup en faisant
cela.
— Je pense qu'il y a une condition. S'il y a
jeu, il faut accepter de jouer son propre rôle, dans des
situations qui sont les nôtres.
— Pas
nécessairement, le jeu de rôle peut au départ,
inclure le rôle appris justement pour se distancier de soi-
même. Puis, petit à petit on peut y introduire son
personnage que l'on continue à voir avec une certaine distance
dans le jeu de rôle. On n'est pas toujours obligé de se
livrer tout de suite, d'aller à l'échafaud. On peut
prendre son temps, pour installer la confiance.
— Transposer les jeux de rôle, de
l'espace sécurisant d'un cabinet ou d'une scène, vers la
vie courante, n'est pas chose aisée. Le contexte de la
personne bègue qui demande du pain à la boulangère
pourrait être vécu comme un jeu au lieu d'une
tragédie, si la personne acceptait de transgresser les
règles du paraître. Il n'est parfois besoin que d'un
sourire pour signifier à l'interlocuteur sur quel terrain on
se situe. Cette mise en condition du jeu permet de rebondir sur ses
défauts, de les accepter et les faire accepter à l'autre.
Cette possibilité ouvre aussi « l'aide de
l'interlocuteur ». Si l'on est sur le thème du jeu,
le visage se décrispe, le regard s’ouvre et donne les
signes nécessaires à un échange constructif. Donner
des signes d'ouverture à la personne qui communique avec un
bègue est essentiel, car il autorise la personne fluente
à s'immiscer dans la phrase parlée et à donner de
l'aide. Refuser le jeu, c'est se tourner vers la tragédie, et
se murer chez soi, n'autorisant l'autre à aucune
intervention.
— Le jeu doit
aussi être accompagné par le travail respiratoire qui
fait prendre conscience de la liberté et du plaisir de
dire les mots sur un rythme facile.
— Je conçois que ce travail puisse
éveiller la personne bègue à ses difficultés et
prendre conscience de l'aspect physique du bégaiement et de
son emprise sur lui. Mais j'ai si souvent noté que dans les
moments bègues, ceux où la parole est sous l'emprise des
autres, savoir respirer ne sert à rien. Le bégaiement
dans sa manifestation sauvage est
irrépressible.
—
Peut-être dans des situations extrêmes, mais la
respiration est aussi un travail de longue durée, de patience.
As- tu déjà remarqué que les exercices respiratoires
t’aidaient dans le quotidien ? À propos, j’ai
souvent observé que les personnes bègues à
côté de leur débit langagier rapide, sont
également très actives, voire hyperactives. Je ne sais
pas si c'est l’empressement ou un problème neurologique
qui les rend si actives.
— En ce qui me concerne, il ne s'agit pas
d'hyperactivité. J'ai un fort sentiment de culpabilité
lorsque je ne fais rien.
— Ton
sentiment d'activité obligé, vient-il seulement du besoin
de créer, ou est-il lié à ton bégaiement qui te
pousse à faire des choses au lieu de les
dires ?
— Je n'y avais pas songé. Il me
paraît évident que j'ai compensé un verbe frileux,
par l'action. Il était probablement pour moi plus simple de
faire les choses, que de lutter contre une parole dévoreuse
d'énergie. L'action me réhabilite auprès des
autres.
— Je pense que
le bégaiement fait vivre une réalité différente
des autres et c'est cette différence qui pousse à la
recherche d’autres voies. Je me demande si quelque chose a pu
changer dans ta conception du bégaiement depuis que tu as
écrit le livre
— Oui. L'écriture transforme l'auteur.
Découvrir dans le regard du lecteur le sentiment profond que
vos lignes lui ont inspiré, est magique. Et puis, ne plus rien
avoir à cacher libère de ses
angoisses.
— Comment
as-tu vécu cette expérience ? Te sens-tu plus riche,
plus complet, plus confiant ?
— Je me sens toujours bègue. Je suis un
bègue qui se maîtrise, mais aussi un bègue
profondément atteint par cette différence. J'ai
accès à une parole mesurée, souvent exempte de
trouble, mais de la même façon qu'hier, il m'arrive de
renoncer à parler par peur de hacher les
mots.
— Le
bégaiement est-il aussi un éternel combat au
quotidien ? Et chaque conquête de la parole une victoire
sur la souffrance ? Il faut beaucoup de volonté, croire
très fort en soi, s’aimer et accepter ses propres
limites pour y arriver.
— C’est ce que je découvre.
S’aimer me fait peur, car je prends cela pour un formidable
égocentrisme. Mais en l’analysant à la lumière
de nos dialogues, je comprends que je suis un être entier
avec, par-ci par-là, des écueils à ma mémoire
qui ne sont rien d’autre que de vieux complexes qu’il
vaudrait mieux laisser tomber.
— Finalement,
ton bégaiement que représente-t-il pour toi
aujourd’hui ?
— Le bégaiement
est une construction de la personnalité apprise dans la
souffrance. Tous les jours, nous recommençons le combat de la
veille en acceptant que la journée future soit aussi
douloureuse que la précédente. Mais cette expérience
peut être détricotée, réduite. Même si le
bégaiement demeure une profonde cicatrice on peut avoir une
vie parfaitement heureuse, un caractère plein et enjoué
en cohabitant avec lui. La volonté d’exister, quel qu'en
soit le prix est le moteur essentiel de la personne
différente. Il faut cette volonté pour se donner de
l'espoir.
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